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Jeudi 25 Mars 2004

La base des interférences dans nos jugements comparatifs

Neuron. (2004) 41 : 1-20
Les chercheurs du SHFJ ont apporté des précisions sur les bases cérébrales impliquées lorsque nous tentons de comparer certains paramètres sous l'influence d'autres.


Comparer les nombres 2 et 7 est aisé mais lorsque le nombre 2 est écrit beaucoup gros que le nombre 7, notre jugement se trouve un bref instant perturbé.

Afin de déterminer comment des dimensions telles que la taille physique, la luminosité ou la quantité numérique sont représentées dans notre cerveau, les chercheurs du Service hospitalier Frédéric Joliot (SHFJ Orsay) ont réalisé une série de tests pour localiser les régions cérébrales sensibles à la difficulté à discriminer deux valeurs d'une même dimension (nombre, taille ou luminosité) et celles sensibles aux interférences possibles entre ces dimensions. Ces tests consistaient à enregistrer les temps de réaction et les zones cérébrales activées par IRM fonctionnelle de volontaires qui devaient désigner, de deux stimuli visuels, soit celui représentant le plus grand nombre, soit celui étant physiquement le plus grand, soit celui le plus lumineux. Si ces différentes comparaisons étaient effectuées séparément au cours de l'expérience, les valeurs des nombres, des tailles et des luminosité de chaque stimuli variait en revanche aléatoirement.

Les résultats obtenus révèlent que l'estimation de la valeur numérique de nombres est influencée par leur taille physique. La luminosité quant à elle ne perturbe pas cette analyse mais influe sur la comparaison de la taille physique de différents nombres. L'analyse des profils d'IRM fonctionnelle obtenus au cours de ces opérations montrent que des régions cérébrales précises et parfois communes sont impliquées dans ces évaluations. Ainsi, la représentation des nombres et des tailles paraît impliquer une région pariétale commune tandis que celle de tailles et des luminosités engage des représentations occipitales partagées, participant probablement à une discrimination plus perceptive. Ces études permettent de définir plus précisément les fonctions des différentes régions cérébrales en vue d'établir une cartographie fonctionnelle du cerveau humain.