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Mercredi 14 Septembre 2005

Modulation des fonctions linguistiques par stimulation magnétique transcrânienne

Neuroimage, 2005 Sep 14 EOP
Une équipe du Service hospitalier Frédéric Joliot (CEA, Orsay) est parvenue à moduler les performances linguistiques par une stimulation magnétique transcrânienne ciblée. La stimulation spécifique des aires cérébrales impliquées dans les fonctions de perception linguistique diminue de façon significative les temps de réponse à une sollicitation langagière. Cette diminution est d'autant plus marquée lorsque les phrases sont en français plutôt que dans une langue étrangère. Ces résultats ouvrent des perspectives intéressantes pour le traitement thérapeutique de certains troubles de ces fonctions en particulier les hallucinations schizophréniques résistantes.


La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) est une méthode expérimentale non-invasive permettant de moduler temporairement l'activité cérébrale des régions stimulées. Cette méthodologie a été utilisée pour moduler les performances linguistiques, au cours d'une tâche sollicitant la perception du langage chez des sujets sains.

La tâche consistait à indiquer en pressant l'un des deux boutons-réponse si un court extrait faisait partie ou non d'une phrase qui le précédait. Pendant la tâche, les sujets étaient soumis à une stimulation spécifiquement localisée dans les aires du langage. Les temps de réponse et taux d'erreurs ont été mesurés sous stimulations active et placebo en ordre aléatoire.

L'imagerie par résonance magnétique a été utilisée afin de localiser les zones spécifiquement impliquées dans le langage. L'association de l'Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) avec des stimuli auditifs (phrases en Français et en langues étrangères) a permis de localiser, pour chaque sujet, les régions impliquées dans la perception du langage (Figure A).

La région temporale supérieure gauche (aire de Wernicke) participe au processus sémantique et la région operculaire frontale (aire de Broca) au processus phonologique.
Un système de neuronavigation a ensuite été utilisé afin de guider individuellement et en temps réel les stimulations magnétiques à basse fréquence (1Hz) vers les régions du langage détectées par l'IRM anatomique et fonctionnelle (Figure B).

Les résultats ont montré une diminution significative des temps de réponse lors de la stimulation active de l'aire de Wernicke comparée à une stimulation placebo et plus marquée lorsque les phrases étaient plutôt en Français qu'en langues étrangères.
En revanche, aucun effet n'a été observé sur l'aire de Broca. Ces résultats révèlent qu'il est effectivement possible de moduler les performances linguistiques par la stimulation d'une région du cerveau supportant des fonctions de perception linguistique et ouvrent des perspectives de recherche thérapeutique pour certains troubles de ces fonctions en particulier particulier les hallucinations schizophréniques résistantes (Figure C).

Figure C : Accélération significative des temps de réponse sous stimulation active par rapport à une stimulation placebo pour l'aire de Wernicke. Accélération plus marquée pour les phrases en Français que pour les phrases en langues étrangères.
NS : Non Significatif