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Vendredi 18 Avril 2008

Premier épisode psychotique : antipsychotiques de première ou de seconde génération ?

Lancet. 371:1085-1097
CEA
Evaluer l’existence d’une supériorité d’action des antipsychotiques de seconde génération par rapport à un antipsychotique de première génération en termes d’efficacité et de tolérance : des enjeux économiques et de santé publique


Une équipe de chercheurs de CI-NAPS (I²BM), en partenariat avec le réseau de recherche européen sur la schizophrénie, vient de montrer l’intérêt des antipsychotiques de seconde génération dans le traitement des patients présentant un premier épisode psychotique (PEP). Toutefois, cette étude ne permet pas de conclure à la supériorité d’action des antipsychotiques de seconde génération sur les symptômes par rapport à un antipsychotique classique, de première génération tel que l’haloperidol.
 
L’étude menée a concerné 498 patients ayant un premier épisode psychotique. Ces patients, répartis en 5 groupes, ont bénéficié pendant un an d’un traitement par  halopéridol (1 à 4 mg/jour – groupe 1), amisulpride (200 à 800 mg/jour – groupe 2), olanzapine (5 à 20 mg/jour – groupe 3), quétiapine (200 à 750 mg/jour – groupe 4) ou zipradisone (40-160 mg/jour – groupe 5).
 
Les auteurs ont comparé les taux d’interruption de traitement (quelle qu’en soit la cause) entre les 5 groupes :
  • des taux beaucoup plus bas dans les groupes traités par un antipsychotique de seconde génération (40% pour l’amisulpride ; 33% pour l’olanzapine, 53% pour la quetiapine et 45% pour la ziprasidone) que celui traité par haloperidol, antipsychotique de première génération (72%).
 
Comparaison des taux d’interruption de traitement pour efficacité insuffisante :
  • des taux plus bas dans les groupes traités par un antipsychotique de seconde génération que le groupe traité par haloperidol bien que la différence entre haloperidol et quetiapine n’était pas significative (48% pour l’haloperidol, 14% pour l’amisulpride, 14% pour l’olanzapine, 40% pour la quetiapine et 26% pour la ziprasidone).
Les auteurs ont en outre constaté que l’efficacité des traitements était la même dans les 5 groupes en termes de réduction des symptômes et avoisinait les 60%.
 
Comparaison des taux d’interruption de traitement pour effets secondaires :
  • aucune différence significative entre les 5 groupes.
 
Cette étude démontre l’intérêt des antipsychotiques de seconde génération dans le traitement des patients présentant un PEP même si elle ne permet pas de conclure à leurs supériorités d’action sur les symptômes par rapport à un antipsychotique de première génération. Elle permet notamment de tempérer l’engouement des antipsychotiques de seconde génération en termes d’efficacité symptomatique. Ces résultats devront être pris en compte dans l’élaboration des guides de prescription des antipsychotiques chez les patients présentant un PEP, guides qui à l’heure actuelle font l’objet de nombreux débats.
  • Réf : Kahn RS, Fleischhacker WW, Boter H, Davidson M, Vergouwe Y, Keet IP, Gheorghe MD, Rybakowski JK, Galderisi S, Libiger J, Hummer M, Dollfus S, López-Ibor JJ, Hranov LG, Gaebel W, Peuskens J, Lindefors N, Riecher-Rössler A, Grobbee DE; EUFEST study group (2008). Effectiveness of antipsychotic drugs in first-episode schizophrenia and schizophreniform disorder: an open randomised clinical trial. Lancet. 371:1085-1097
  • Lexique :  
    • Premier épisode psychotique : premier épisode de schizophrénie ou schizophrénie débutante.
    • Les antipsychotiques ou neuroleptiques sont des médicaments dont le but est de réduire les symptômes psychotiques.