Mardi 06 Novembre 2007
CEA
Quels sont les mécanismes de tolérance en transplantation ?
Blood, (2007) (in press)
CEA
Pourquoi dans certains cas, la greffe fonctionne t-elle et pourquoi dans d’autres cas y a t-il rejets ? Telles sont les questions auxquelles l’équipe du SRHI de l’I²BM tente de répondre. Tout récemment, l’équipe vient de décrire les mécanismes d’action impliqués dans la tolérance d’une greffe.
Quels sont les mécanismes entrant en jeu dans l’acceptation d’un greffon ? Pourquoi dans certains cas, la greffe fonctionne t-elle et pourquoi dans d’autres cas y a t-il rejets ? Telles sont les questions auxquelles l’équipe du SRHI de l’I²BM tente de répondre. Tout récemment, l’équipe vient de décrire les mécanismes d’action impliqués dans la tolérance d’une greffe1.
1996 : l’équipe du SRHI montre que la protéine HLA-G joue un rôle dans la tolérance du fœtus, expliquant ainsi pourquoi un fœtus n’est pas rejeté par sa mère. Par la suite, elle montre que HLA-G joue également un rôle de tolérance en transplantation cardiaque, rénale et hépato-rénale. En effet, pour les patients dont la greffe a été une réussite, il a été constaté que la molécule HLA-G était exprimée d’une part dans le greffon et d’autre part sous forme de molécule circulant dans le sang (dosage plasmatique).
Dans leur nouvelle publication, les chercheurs du SRHI confirment l’association significative entre des taux plasmatiques élevées de HLA-G et l’acceptation de la greffe dans 3 groupes de patients transplantés (rein ; foie ; rein + foie). Par là-même, ils mettent en évidence la double action de HLA-G.
D’une part, HLA-G inhibe les lymphocytes T impliquées dans le rejet d’une greffe. Ces cellules, présentes dans les globules blancs, participent aux réactions immunitaires de défense de l’organisme et combattent les cellules infectées par un virus. Dans le cas d’une greffe, si HLA-G n’agissait pas, ces cellules détruiraient l’organe greffé.
D’autre part, HLA-G induit des cellules T dites régulatrices (de phénotype CD4 et CD8) qui amplifient les mécanismes de tolérance en inhibant la fonction des lymphocytes T participant au rejet de la greffe. Ces cellules T régulatrices se caractérisent par une expression réduite des molécules d’activation CD4 et CD8. L’environnement de tolérance est de plus conforté par la sécrétion via HLA-G d’une cytokine à activité immunosuppressive : l’interleukine-10*.
Outre la définition d’un nouveau mécanisme d’action de HLA-G, cet article laisse percevoir de belles avancées à visée diagnostique. En effet, grâce au dosage de HLA-G dans le sang, les cliniciens pourront disposer d’un indicateur clinique de bonne acceptation de greffe. Sur la base d’un tel dosage, les patients transplantés pourront se voir proposer des traitements immunosuppresseurs mieux adaptés avec à la clé des effets secondaires réduits.
* Interleukines : Protéines naturelles produites par le système immunitaire et qui agissent sur le système immunitaire lui-même. Elles servent de messagers entre les cellules du système immunitaire.
1 Référence : Naji A, Le Rond S, Durrbach A, Krawice-Radanne I, Creput C, Daouya M, Caumartin J, Lemaoult J, Carosella ED, Rouas-Freiss N. (2007). CD3+CD4low and CD3+CD8low are induced by HLA-G: novel human peripheral blood suppressor T cell subsets involved in transplant acceptance. Blood. (in press)
