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Lundi 23 Avril 2007

Un nouveau radiotraceur pour l’imagerie de la neuroinflammation

Journal of Nuclear Medicine (2007) 48(4) : 573-581.
CEA
Enjeux : Détecter le plus précocement possible les manifestations des maladies neuro-dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer


Tout organe peut être le lieu d’une réaction inflammatoire, garantissant l’intégrité de l’organisme. Dans le cas du cerveau, des processus inflammatoires apparaissent après un accident vasculaire cérébral ou au cours de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Ils consistent notamment en une activation des cellules immunitaires résidentes du cerveau, les cellules microgliales. Bien que leurs effets sur les neurones restent peu clairs, l’activation de ces cellules apparaît étroitement liée à l’atteinte neuronale, et en constitue un marqueur indirect. Sa détection de manière non-invasive par la tomographie d’émission de positons (TEP), à l’aide d’un radiotraceur spécifique de type cellulaire, constitue une piste sérieuse pour repérer au plus tôt la manifestation d’une maladie neurodégénérative, et surtout pour évaluer l’efficacité de nouveaux médicaments neuroprotecteurs. Le seul radiotraceur disponible jusqu’ici, le [11C]PK11195, ne peut être utilisé à cette fin à cause d’un niveau basal de fixation non spécifique qui interdit la quantification de la neuroinflammation.
Récemment, une équipe du Service Hospitalier Frédéric Joliot vient de montrer, en utilisant une caméra TEP dédiée à l’imagerie préclinique, qu’un nouveau radiotraceur, le [11C]DPA-713, développé en collaboration avec une équipe australienne de l’université de Sydney, permettait d’obtenir des images contrastées et de quantifier les processus neuroinflammatoires avec plus de fiabilité qu’en utilisant le traceur de référence. Parmi plusieurs molécules à l’étude dans d’autres laboratoires, le [11C]DPA-713 s’affiche donc comme un candidat sérieux pour se substituer efficacement au [11C]PK11195 afin d’étudier et de suivre in vivo la neuroinflammation.
L’intérêt croissant pour des biomarqueurs des maladies neurodégénératives fiables et utilisables chez l’homme a lancé une course entre laboratoires à la recherche de nouveaux traceurs TEP de la neuroinflammation. Une course absolument nécessaire pour faire avancer l’innovation thérapeutique.