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L’Imagerie par Résonance Magnétique est maintenant l’outil majeur du diagnostic et du suivi thérapeutique de multiples pathologies en particulier cérébrales, à tous les âges de la vie, du fait de son innocuité, de sa facilité d’utilisation et de la précision des résultats. En effet, l’IRM anatomique (IRMa) permet d’obtenir des images en haute résolution spatiale sur l’architecture du cerveau, l’IRM de diffusion (IRMd) sur les connexions intracérébrales, l’IRM fonctionnelle (IRMf) sur l’activité du cerveau, la spectroscopie (SRM) et l’imagerie spectroscopique (IRMs) sur les processus biochimiques (métabolisme, neurotransmission), et l’angiographie IRM (ARM) sur le système vasculaire cérébral. Des agents de contraste (Chélates de gadolinium) peuvent être utilisés pour mieux visualiser et caractériser certaines anomalies. L’IRM à haut champ magnétique (3T et plus) fournit des images de meilleure qualité et plus d’informations physiologiques que les IRM standard à 1.5T. Quelle que soit l’intensité du champ magnétique, aucun effet indésirable sérieux n’a été mis en évidence à ce jour, après environ 25 ans d’utilisation de l’IRM en clinique (environ 8 millions d’examens IRM sont effectués par an en Europe), à condition toutefois que les contre-indications soient strictement respectées (absence d’éléments métalliques dans le corps, - pace maker, valves cardiaques, endoprothèses de tous types, corps étrangers métalliques intra-oculaires, etc…).
Virtuellement toutes les pathologies neurologiques de l’adulte ont vu leur diagnostic révolutionné par l’avènement de l’IRM, qu’il s’agisse des maladies neurodégénératives (par exemple, par la visualisation précise de l’atrophie progressive de la partie profonde du lobe temporal dans la maladie d’Alzheimer, de certains noyaux gris centraux dans la maladie de Huntington, …), des accidents vasculaires cérébraux (visualisés dès les premières heures grâce à l’IRM de diffusion), des tumeurs cérébrales (appréciation de leur degré d’agressivité, sensibilité aux chimiothérapies, récidive éventuelle, …), des épilepsies (lésions microscopiques ou malformations sous-jacentes, critères d’opérabilité…), des maladies inflammatoires et infectieuses (évolution des anomalies de la substance blanche dans la sclérose en plaques, encéphalites du SIDA, …), pronostic précoce des traumatismes crâniens graves…
L’innocuité et la versatilité de l’IRM en font également l’outil de choix pour le diagnostic chez l’enfant dès la période prénatale : l’IRM fœtale est systématiquement pratiquée en cas de suspicion d’anomalie à l‘échographie pendant la grossesse, car elle permet une analyse plus fine du fœtus, notamment au niveau cérébral. Chez l’enfant, l’IRM est pratiquée en routine, mais elle nécessite une parfaite immobilité et requiert donc une sédation chez l’enfant non coopérant. Son apport est majeur dans toutes les pathologies neuropédiatriques, de la souffrance périnatale (accident pré ou per-natal), aux maladies génétiques du système nerveux central (comme les leucodystrophies – maladies dégénératives la substance blanche), en passant par toutes les pathologies retrouvées chez l’adulte, mais ayant débuté dans l’enfance.
Il ne faut toutefois pas oublier que l’IRM peut rester « apparemment » normale dans nombre de pathologies pourtant très invalidantes, telles que certaines maladies psychiatriques (dépression, schizophrénie, autisme, etc…), voire neurologiques (maladie de Parkinson, certaines épilepsies, retards mentaux…). C’est entre autres là que portent d’importants efforts de recherche, afin de développer de nouvelles méthodes d’acquisition des images (notamment avec des imageurs à très haut champ magnétique, comme le 7T de NeuroSpin, et à l’avenir le 11.7T) , ou d’analyse à l’aide d’approches morphométriques, qui étudient les variations anatomiques cérébrales non visibles à l’œil nu au moyen d’algorithmes statistiques (tel que le logiciel BrainVisa, développé au CEA).
Ainsi, depuis son avènement en clinique à la fin des années 70 (à des champs magnétiques de … 0.5 T !), l’IRM n’a cessé de démontrer au fur et à mesure son immense potentiel pour le diagnostic et le suivi thérapeutique des maladies cérébrales, ce qui rend d’autant moins acceptable la carence massive du parc d’IRM cliniques en France à ce jour. L’amélioration du diagnostic par l’imagerie permet une prise en charge plus précoce et efficace, et donc une réduction des coûts de soins. Le défi de la médecine de demain sera de diagnostiquer toujours plus tôt, avant le début des signes cliniques, et de prévenir la survenue des maladies. L’imagerie y a déjà trouvé une place prépondérante, en association avec d’autres outils (génétiques, physiologiques, …).
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