Vendredi 01 Avril 2011

Toxicité chimique de l’uranium : un nouveau bioindicateur chez l’Homme

Environ Int. 2011 May;37(4):657-62. Epub 2011 Feb 16.
CEA
En analysant l’expression des gènes des cellules rénales humaines pour identifier des protéines indicateurs de la toxicité chimique de l’uranium, des chercheurs de l’IBEB (CEA/Marcoule) ont montré que l’expression du gène SPP1, codant pour l’ostéopontine, est réprimée en cas d’exposition aigüe des cellules à l’uranium.


L’ostéopontine, est une protéine normalement présente dans l’urine. Elle participe à la régulation de la minéralisation de l’os, et de la concentration en sels dissouts dans le rein, deux organes cibles de l’uranium. La présence d’uranium dans ces cellules modifie l’expression de cette protéine tant au niveau de la transcription de l’ADN en ARN que de la traduction de l’ARN en protéine. Les chercheurs ont ensuite mesuré le taux d’ostéopontine dans l’urine de personnes professionnellement exposées à l’uranium par inhalation, ainsi que dans une population finlandaise exposée chroniquement par ingestion via l’eau de boisson (puits de forage privés). La quantité d’ostéopontine diminue significativement lorsque les concentrations d’uranium urinaires deviennent supérieures à 30 μg/L, un seuil correspondant généralement à une atteinte rénale. Il est donc possible de mesurer ce paramètre de façon non invasive, dans l’urine, en complément d’autres marqueurs. Ce travail illustre le fort potentiel de la toxicogénomique pour la recherche de biomarqueurs de toxicité humaine.

Contact : Odette Prat

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21324525