Les "injectisomes" sont des nanomachines utilisées par des bactéries pathogènes pour délivrer des toxines dans les cellules-hôtes au cours de l'infection. Ces injectisomes, aussi appelés systèmes de sécrétion de type III, traversent les deux membranes bactériennes et sont prolongés à la surface de la bactérie par une aiguille de sécrétion protéique. À son extrémité, un complexe protéique, le "translocon" se forme dans la membrane plasmique de la cellule eucaryote cible afin que des toxines puissent être transloquées dans son cytoplasme.
En utilisant le modèle de Pseudomonas aeruginosa, un pathogène opportuniste, une équipe du laboratoire de Biochimie et Biophysique des Systèmes Intégrés, en collaboration avec l'Institut de Biologie Structurale avait précédemment montré que PopB et PopD, les protéines du translocon possédant des domaines transmembranaires, sont capables de former des anneaux multimériques en présence de vésicules lipidiques (Schoehn et al., 2003). Dans une publication récente, le laboratoire BBSI, en collaboration avec une équipe du laboratoire de Biophysique Moléculaire et Cellulaire du DRDC, a caractérisé l'interaction des deux translocateurs avec les liposomes et montrent que les deux protéines agissent en synergie pour former des pores dans des vésicules lipidiques, validant l'hypothèse d'un translocon composé d'un complexe hétéro-oligomérique, PopB/PopD. Les interactions électrostatiques des protéines avec les membranes, liées à la présence de lipides anioniques, se sont révélées cruciales dans ce processus. De plus une étape de liaison aux membranes distincte de l'étape de formation de pore a été identifiée, ce qui représente une avancée importante en vue de l'élucidation du mécanisme de formation du pore de translocation.
