Bioénergies : de la recherche fondamentale à l’industrialisation
CEA
Optimisation de la bio-production d’hydrogène par les microalgues
Des chercheurs de l’iBEB (CEA/Cadarache), en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Liège (Belgique), ont identifié une enzyme essentielle pour la production d’hydrogène par les algues. Certains micro-organismes, tels que l’algue unicellulaire Chlamydomonas reinhardtii, ont la capacité de produire de l’hydrogène en utilisant l’eau et l’énergie solaire. Cette propriété permet d’envisager le développement de procédés de production d’hydrogène par des énergies renouvelables. Cependant les applications biotechnologiques sont limitées par un verrou technologique important : l’hydrogénase, responsable de la production d’hydrogène, est très sensible à la présence de l’oxygène produit par la photosynthèse. Il est possible de s’affranchir de cette limitation en recourant à une séparation temporelle des phases de photosynthèse oxygénique (en présence d’oxygène) et des phases anaérobies (en absence d’oxygène) et en optimisant ces dernières. Les chercheurs viennent de déterminer l’enzyme responsable de l’étape limitante de la phase anaérobie, une NAD(P)H deshydrogénase monomérique de type II, ouvrant ainsi la voie vers une optimisation de la production d’hydrogène par les microalgues. Ces recherches sont menées dans le cadre d’un programme européen du 7e PCRD (SOLAR-H2) et d’un programme ANR (PHOTOBIOH2).
Pour en savoir plus sur cette thématique : site web de l'IBEB.
Biodégradation d’un additif du diesel
Une équipe de l’iRTSV (CEA/Grenoble) a réalisé, en collaboration avec l’Institut Français du Pétrole, une étude de biodégradabilité du 2-EHN, un composé de synthèse utilisé comme additif dans les carburants diesels pour en améliorer la combustion. Ces travaux ont permis d’isoler des bactéries (apparentées à Mycobacterium austroafricanum, Brevet IFP-CEA) capables de dégrader le 2-EHN et d’élucider les étapes de la dégradation. Les protéines participant à la dégradation du 2-EHN ont été recherchées par une approche protéomique et l’ensemble des enzymes requises pour la biodégradation du 2-EHN a été découvert. Ces recherches ont pour perspective le développement de procédés biotechnologiques innovants destinés à éliminer les polluants organiques persistants des sites contaminés. À terme, l’usage du 2-EHN sera réglementé par la directive européenne REACH, c’est-à-dire que les effets du 2-EHN sur l’environnement et la santé humaine devront être connus. Ce n’est pas le cas actuellement, d’où l’importance de cette étude de biodégradabilité du 2-EHN
Pour en savoir plus sur ces résultats : site web de l'iRTSV.
| CEA Valorisation entre au capital de Fermentalg |
Fermentalg est une jeune société innovante basée en Gironde qui a pour ambition de devenir le leader de la production de microalgues pour les marchés de l’agroalimentaire, de la santé et de l’énergie. Le fonds Emertec 4 et CEA Valorisation (la société d’investissement du CEA), accompagnés d’Aquitaine Création Innovation et de la société Picoty Développement, sont entrés au capital de la société en mars 2009. Cette première levée de fonds d’un montant de 2,2 M€ permettra à la société d’entrer sur son premier marché, de poursuivre la recherche et développement (R&D) dans le domaine des lipides et de mettre en place un outil de production pilote. Afin de se positionner sur les marchés des lipides, la société établira un partenariat stratégique avec les équipes de l’Institut de Biologie Environnementale et de Biotechnologies (IBEB, Direction des Sciences du Vivant du CEA – Cadarache) étudiant depuis plus de vingt ans la physiologie et le métabolisme photosynthétique des microalgues. Un partenariat fort entre le CEA et Fermentalg permettra à la société d’accélérer son accès aux marchés de l’alimentaire et des biocarburants.
