Tuesday November 04 2008
CEA
Imagerie multimodale (PET/fluorescence) de nano-objet
Bioconjug Chem. 19(9):1921-1926
CEA
Enjeu : Mieux voir et mieux quantifier
Des chercheurs du Service Hospitalier Frédéric Joliot (I²BM/SHFJ), en collaboration avec une équipe de l’Ecole supérieure de physique et chimie industrielles (ESPCI), ont radiomarqué au fluor 18 des nanoparticules fluorescentes (Quantum Dots ou QDs). La biodistribution de tels nano-objets a alors été mesurée par plusieurs modalités d’imagerie, en l’occurrence la tomographie par émission de positons et l’imagerie par fluorescence. L’avantage de l’imagerie multimodale est de pouvoir mesurer la biodistribution d’un composé non seulement au niveau des organes mais également au niveau d’un type cellulaire particulier au sein de l’organe.
Actuellement, la tomographie par émission de positons (TEP) est la technique d’imagerie quantitative non invasive la plus sensible. Elle permet d’étudier, de quantifier in vivo les paramètres pharmacodynamiques de nouveaux agents thérapeutiques (effets d’un médicament, sa distribution dans le corps…). Cependant, la résolution spatiale de la TEP est très limitée (>1mm). Pour bénéficier d’une meilleure résolution spatiale, cette technique a été couplée à un endoscope pour la fluorescence (Cellvizio®). Cet endoscope est un système d’imagerie qui permet la visualisation in vivo de fluorescence à l’échelle microscopique au sein des tissus. Il est composé d’une sonde fibrée (plus de 30000 fibres optiques) qui permet l’excitation du tissu par un laser et la récupération du signal fluorescent émis.
Corrélé à l’évolution de ces techniques d’imagerie multimodale, le développement de traceurs multimodaux est en plein essor. C’est dans cette optique que des chercheurs du SHFJ et de l’ESPCI ont développé des quantum dots* (traceurs fluorescents) radiomarqués au 18F (émetteur de positons le plus répandu). Une fois marqué au 18F, la biodistribution de ces QDs a été mesurée in vivo dans des souris à l’aide d’un camera micro-PET et d’un endoscope pour la fluorescence. L’utilisation complémentaire de ces deux techniques d’imagerie a permis de quantifier non seulement leur biodistribution macroscopique dans divers organes mais également leur localisation à l’échelle cellulaire au cours du temps.
Ce type d’approche pourrait être étendu facilement à d’autres nano-objets d’intérêt afin d’étudier leurs propriétés pharmacocinétiques.
