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Wednesday September 24 2008

Schizophrénie de l’adolescent : mise en évidence d'anomalies anatomiques du cerveau

Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry. 47:10, Oct. 2008
CEA
Les chercheurs de l’unité mixte CEA-Inserm du SHFJ (U797 - Neuroimagerie & Psychiatrie) en partenariat avec l’Institut de Psychiatrie de Londres (IoP) viennent de montrer que le cortex du lobe temporal du cerveau d‘adolescents atteints de schizophrénie présente des anomalies anatomiques. L’étude a porté sur une cinquantaine d’adolescents âgés de 16 ans en moyenne. Ces résultats font l’objet d’une publication dans le numéro d’octobre du Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry.


Des études récentes en imagerie chez le sujet sain ont montré que le cerveau présente des changements très importants à l’adolescence, particulièrement au niveau du lobe temporal. Les chercheurs du SHFJ* ont voulu savoir si l’apparition des troubles schizophréniques à cette période de la vie avait un lien avec la manière dont se développe la région temporale, s’intéressant particulièrement au sillon** collatéral qui est limité par les circonvolutions hippocampiques. Ces structures cérébrales sont impliquées dans la mémoire, l’apprentissage, la régulation émotionnelle et la reconnaissance des visages ; quatre fonctions fortement altérées dans la schizophrénie. En collaboration avec des chercheurs de l’Institut de Psychiatrie de Londres, ils ont analysé les bases de données contenant les IRM anatomiques d’une cinquantaine d’adolescents schizophrènes, ainsi que d’une cinquantaine d’adolescents sains.

Grâce au logiciel de traitement d’images et d’intelligence artificielle Brainvisa mis au point par les équipes du LNAO (Laboratoire de Neuro-imagerie Assistée par Ordinateur) de NeuroSpin, les chercheurs du SHFJ et de l’Institut de Psychiatrique de Londres ont pour la première fois identifié une diminution de la surface du sillon collatéral chez des adolescents schizophrènes (voir figure).

Cette particularité anatomique est vraisemblablement présente dès le débutde la maladie puisqu’aucune relation avec la durée de la pathologie ou les doses de traitement pris par les patients n’a été mise en évidence. Ces résultats montrent que la schizophrénie à l’adolescence a donc bien un lien avec des anomalies du développement de la région temporale du cerveau.
 
En essayant de mieux comprendre les relations entre les troubles de ces patients et le développement du cerveau, les chercheurs tentent de faire évoluer le regard de notre société sur ces patients. Les réponses apportées permettront, en outre, de préciser les régions-cibles pour la recherche de thérapies innovantes.

 

Légende de l'image: Cortex temporal (vue de dessous).
A gauche : modification du volume cérébral à l’adolescence chez le sujet sain : plus la couleur est chaude, plus la modification est importante (image adaptée de Gogtay et. al. PNAS 2004).
Au centre: sillon collatéral chez un adolescent sain et (à droite) chez un adolescent atteint de schizophrénie.


* Service Hospitalier Frédéric Joliot
**Chez l’Homme, le cortex du cerveau est fortement plissé et contient de nombreux plis ou sillons (les « creux») et circonvolution ou  gyri (les « bosses»)