La toxicologie nucléaire au cœur de Biofutur
Les résultats novateurs des programmes de recherche « Toxicologie nucléaire » du CEA et « EnvirHom » de l’IRSN font émerger de nouvelles voies de développements technologiques concernant la détection (avec le développement de biocapteurs) et la dépollution (exploitant les capacités métaboliques des bactéries et des plantes), depuis l’environnement jusqu’à l’homme. Le dossier du n°295 de la revue Biofutur présente les principaux champs d’application de ces développements technologiques. Il a été coordonné par Marie-Thérèse Ménager (CEA, Direction des sciences du vivant, Saclay), Max Gouffon (Muséum national d’histoire naturelle, Paris) et Jacqueline Garnier-Laplace (IRSN, Service d’étude du comportement des radionucléides dans les écosystèmes, St Paul-Lez-Durance).
Le sommaire du dossier est le suivant :
- Biodétecteurs environnementaux. La mesure de la teneur biologiquement active d'un composé toxique dans l'environnement est un élément précieux pour l'appréciation du risque. Pour les toxicologues nucléaires qui souhaitent disposer d’outils de mesure sensibles, robustes et précoces, le développement de biocapteurs est un axe de recherche essentiel.
- Biomarqueurs d’exposition et d’atteinte tissulaire : application aux contaminations internes. Une gestion clinique efficace lors d’une contamination interne par des métaux stables ou radioactifs passe obligatoirement par un diagnostic et un pronostic fiable de cette exposition guidant les cliniciens dans leur approche thérapeutique. Dans ce cadre, la stratégie proposée est fondée sur la mise en place d’un ensemble de biomarqueurs permettant de déterminer la quantité de toxique introduite dans l’organisme et de diagnostiquer l’atteinte des principaux organes vitaux.
- Utiliser des bactéries pour dépolluer les environnements contaminés par des radionucléides. Les bactéries sont capables de réduire, oxyder, séquestrer, volatiliser ou dégrader les polluants. L’exploitation de leurs extraordinaires capacités métaboliques permet d’envisager leur utilisation dans des procédés efficaces et peu coûteux de bioremédiation des eaux ou sols contaminés, notamment par des métaux traces ou des radionucléides toxiques.
- Des plantes pour dépolluer ou stabiliser des éléments toxiques dans les sols et les eaux. Les teneurs des sols et des eaux pour les différentes catégories de polluants (molécules organiques, métaux et radionucléides) sont globalement de plus en plus élevées. Ce phénomène est essentiellement dû aux activités anthropiques. Les végétaux pourraient constituer une alternative aux techniques mécaniques actuellement utilisées pour leur élimination.
- À la recherche de nouvelles thérapeutiques. Le traitement des personnes contaminées accidentellement par des radionucléides est un problème encore mal résolu. Plusieurs méthodologies ont été développées pour pallier cette carence dans le domaine du traitement de la contamination interne. Petit tour d’horizon des avancées et perspectives les plus prometteuses dans le développement de nouvelles thérapeutiques pour quelques-uns des radionucléides manipulés dans l'industrie nucléaire.
Consultation en ligne (payante) : www.lavoisier.fr/notice/fr2756203040.html
Pour en savoir plus :
- sur le programme « Toxicologie nucléaire » du CEA : http://www.toxnuc-e.org/
- sur le programme « EnvirHom » de l’IRSN : http://net-science.irsn.org/...
