Le vivant pour lutter contre la pollution
- Le vivant pour lutter contre la pollution
- Des bactéries pour assainir l’eau
- Nettoyer les sols
- Proposer des alternatives vertes aux procédés
- SALTO, un atelier pour la toxicologie
- 3 questions à Jean Weissenbach, directeur de l’Institut de Génomique et du Genoscope, à Évry.
Bactéries ou plantes, elles pourraient bien être la solution pour détecter la pollution, y remédier, voire l’éviter. Au CEA, des équipes étudient et s’inspirent du vivant pour réduire l’impact des activités de l’Homme, qu’elles soient nucléaires ou pas, sur son environnement. Elles allient ainsi recherche fondamentale sur les processus métaboliques des organismes et études de procédés applicables à l’industrie.
Plongées dans l’eau, ces bactéries y détectent la présence d’arsenic ou de mercure et se mettent alors à briller. Science-fiction ? Non, ce sont les biodétecteurs, ou capteurs biologiques, mis au point par les chercheurs de l’iBEB. Après avoir étudié des bactéries qui résistaient à certains polluants, ils ont substitué une enzyme luminescente à leur système de défense naturel. Une société, associée à leurs travaux, a fabriqué un appareil conjuguant cette luminescence et un affichage direct de la pollution. « La mesure ne prend que quelques minutes, elle est peu chère par rapport aux analyses en laboratoire et peut être réalisée directement sur le terrain. En plus, elle ne concerne que la fraction biodisponible et non pas ce qui est fixé sur les parois, par exemple », s’enthousiasme David Pignol du Laboratoire de biologie cellulaire (LBC). Pour l’instant, ces dispositifs ne testent pas assez de substances pour intéresser les distributeurs d’eau français, mais ils pourraient être très utiles en Asie du Sud-Est où la pollution des eaux en arsenic est un véritable problème de santé publique.
