Dans le cadre d’un projet retenu pour financement par l’ANR suite à l’appel d’offre 2008 « Maladies Infectieuses et leur Environnement », nous avons la possibilité de recruter un post-doctorant sur un contrat de travail de type CDD pour une durée de un an renouvelable une fois à partir de janvier 2009. Ce projet est un projet émergeant entre deux équipes du laboratoire BBSI (UMR5092 CEA, CNRS, UJF), iRTSV, CEA Grenoble dont les compétences (pathogènes, récepteurs myéloïdes et signalisation) sont complémentaires et une équipe de l'IBS Grenoble.
Titre du projet : Interaction entre le système de sécrétion de type III de Pseudomonas aeruginosa et les cellules myéloïdes, cibles privilégiées de la bactérie in vivo.
Contexte scientifique et objectifs
Pseudomonas aeruginosa est une bactérie Gram négative responsable d’infections nosocomiales et cause de mortalité chez les patients atteints de mucoviscidose. La formation du système de sécrétion de type III (SST3) de P. aeruginosa, important facteur de virulence, est induite lors du contact avec la cellule hôte. Le SST3 sert à injecter directement des toxines bactériennes dans le cytoplasme de la cellule. Les éléments nécessaires à l’induction du SST3 ou à son insertion dans la membrane de l’hôte ne sont pas connus. L’identification d’une lignée cellulaire résistante au SST3, mais dont on peut induire la sensibilité, offre un modèle pertinent pour étudier les facteurs cellulaires influençant l’établissement d’un SST3 fonctionnel et identifier les composants nécessaires à l’insertion du translocon dans la membrane plasmique de l’hôte. Du fait de l’émergence de souches multi-résistantes aux antibiotiques, ces éléments représenteraient de nouvelles cibles pour développer des thérapies innovantes.
Description du projet
Un système rapporteur basé sur l’injection dans les cellules, par le SST3 de P. aeruginosa, d’une toxine fusionnée à la ?-lactamase sera utilisé. La translocation sera détectée grâce au CCF2-AM, substrat fluorescent de la bêta-lactamase. Les cellules promyélocytaires HL-60 sont résistantes à l’injection des toxines par le SST3 de P. aeruginosa. A l’état différencié en cellules myéloïdes matures, elles sont sensibles à l'injection des toxines. Cette lignée offre donc un modèle cellulaire pertinent. Une approche globale fera intervenir l’interférence ARN sur les cellules sensibles et la transfection des cellules résistantes avec une banque soustractive d’ADNc afin de cloner les protéines impliquées dans l’induction du SST3 et son interaction avec la cellule hôte. Le système rapporteur fluorescent sera optimisé pour effectuer les analyses à haut débit. En parallèle, les profils d’expression des gènes et des protéines dans les cellules non différenciées et différenciées seront comparés par cDNA microarrays ou analyse protéomique. Un certain nombre de protéines de surface, protéines adhésives pour la plupart, dont l’expression diffère selon l’état différencié ou non des cellules, sont des candidats potentiels dans l’interaction du SST3 avec la membrane plasmique de l’hôte. Leur expression sera inhibée par interférence ARN dans les cellules permissives. A l’inverse, les cellules résistantes seront transfectées avec les ADNc codants ces protéines. On étudiera également la fixation directe des protéines purifées du translocon du SST3 sur des cellules intactes ou sur des préparations de membranes. Les domaines membranaires composés de sphingolipides et de cholestérol, ou enrichis en céramides, sont impliqués dans l’infection par les pathogènes. Les héparanes sulfates à la surface des cellules jouent également un rôle important dans la pathogénicité. Le rôle de ces molécules dans l’induction du SST3 ou son insertion dans la membrane cellulaire seront examinés.
Profil requis
Le candidat devra être titulaire d’un doctorat d’Université en Biologie.
Une expérience antérieure en biologie cellulaire ou microbiologie est requise.
Les candidats intéressés devront fournir
- un curriculum vitae détaillé
- une brève description de leurs travaux antérieurs et actuels
- une liste de leurs publications
Contacts
Marie-Josèphe Rabiet
ou
Ina Attrée
Laboratoire de Biochimie et Biophysique des Systèmes Intégrés
UMR5092 (CEA, CNRS, UJF)
iRTSV, CEA Grenoble
17 rue des Martyrs
38054, Grenoble Cedex 9
Groupe Infection et réponses cellulaires

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La défense de l'hôte contre l'infection bactérienne est initiée par la reconnaissance de la bactérie par les cellules résidant localement, suivie de la sécrétion de médiateurs de l'inflammation qui attirent et activent les cellules immunitaires effectrices pour l'élimination des pathogènes. La pathogénicité de Pseudomonas aeruginosa repose sur sa capacité à vaincre les défenses de l'organisme animal en injectant des protéines bactériennes, grâce notamment au système de sécrétion de type III (SST3), dans le cytoplasme des cellules hôtes, les mettant ainsi hors de combat.
Le programme de recherche du groupe « Infection et réponses cellulaires » est organisé sur deux axes majeurs : L'équipe « interaction bactéries pathogènes-hôte » (responsable Ina Attrée) étudie le mode d'assemblage et la structure du translocon-aiguille du système de sécrétion de type III (SST3) de la bactérie Pseudomonas aeruginosa, et la régulation de l'expression des gènes du SST3 par le facteur de transcription ExsA lors de l'infection. L'équipe « récepteurs de chimioattractant et signalisation intracellulaire » (responsable Marie-Josèphe Rabiet) étudie l'activation et la régulation des récepteurs de chimioattractants des cellules myéloïdes humaines (récepteurs des peptides N-formylés et récepteur du C5a). La stimulation de ces récepteurs induit la migration des cellules myéloïdes et l'activation de leurs fonctions microbicides (libération d'espèces réactives de l'oxygène et d'enzymes lytiques) nécessaires à l'élimination des pathogènes. |

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